3.4.14

13 courts métrages de 3 minutes avec des poésies de Prévert


En sortant de l'école est une collection de 13 courts métrages d’animation de 3 minutes, qui se propose d’associer poétiquement, dans la liberté artistique la plus exigeante, 13 poèmes de Prévert à l’univers graphique de jeunes réalisateurs tout juste sortis des écoles d'animation françaises.

En sortant de l'école (Teaser)

 

Ce poème de Jacques Prévert nous fait vivre en un tour du monde un peu surréaliste, les aventures, les paysages et les rencontres imaginaires d'écoliers sortant de l'école.
Le court métrage a été réalisé par Lila Peuscet (EMCA) , la voix c'est de Renan Luce
 
Paroles
En sortant de l’école
nous avons rencontré
un grand chemin de fer
qui nous a emmenés
tout autour de la terre
dans un wagon doré
Tout autour de la terre
nous avons rencontré
la mer qui se promenait
avec tous ses coquillages
ses îles parfumées
et puis ses beaux naufrages
et ses saumons fumés
Au-dessus de la mer
nous avons rencontré
la lune et les étoiles
sur un bateau à voiles
partant pour le Japon
et les trois mousquetaires
des cinq doigts de la main
tournant ma manivelle
d’un petit sous-marin
plongeant au fond des mers
pour chercher des oursins
Revenant sur la terre
nous avons rencontré
sur la voie de chemin de fer
une maison qui fuyait
fuyait tout autour de la Terre
fuyait tout autour de la mer
fuyait devant l’hiver
qui voulait l’attraper
Mais nous sur notre chemin de fer
on s’est mis à rouler
rouler derrière l’hiver
et on l’a écrasé
et la maison s’est arrêtée
et le printemps nous a salués
C’était lui le garde-barrière
et il nous a bien remerciés
et toutes les fleurs de toute la terre
soudain se sont mises à pousser
pousser à tort et à travers
sur la voie du chemin de fer
qui ne voulait plus avancer
de peur de les abîmer
Alors on est revenu à pied
à pied tout autour de la terre
à pied tout autour de la mer
tout autour du soleil
de la lune et des étoiles
A pied à cheval en voiture
et en bateau à voiles.

Les films

Je vous fais un lien sur les titres et j'ajoute les poèmes si vous voulez lire

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En sortant de l’école
nous avons rencontré
un grand chemin de fer
qui nous a emmenés
tout autour de la terre
dans un wagon doré

Tout autour de la terre
nous avons rencontré
la mer qui se promenait
avec tous ses coquillages
ses îles parfumées
et puis ses beaux naufrages
et ses saumons fumés

Au-dessus de la mer
nous avons rencontré
la lune et les étoiles
sur un bateau à voiles
partant pour le Japon
et les trois mousquetaires
des cinq doigts de la main
tournant ma manivelle
d’un petit sous-marin
plongeant au fond des mers
pour chercher des oursins

Revenant sur la terre
nous avons rencontré
sur la voie de chemin de fer
une maison qui fuyait
fuyait tout autour de la Terre
fuyait tout autour de la mer
fuyait devant l’hiver
qui voulait l’attraper

Mais nous sur notre chemin de fer
on s’est mis à rouler
rouler derrière l’hiver
et on l’a écrasé
et la maison s’est arrêtée
et le printemps nous a salués

C’était lui le garde-barrière
et il nous a bien remerciés
et toutes les fleurs de toute la terre
soudain se sont mises à pousser
pousser à tort et à travers
sur la voie du chemin de fer
qui ne voulait plus avancer
de peur de les abîmer

Alors on est revenu à pied
à pied tout autour de la terre
à pied tout autour de la mer
tout autour du soleil
de la lune et des étoiles

A pied à cheval en voiture
et en bateau à voiles.
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Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur

Il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges

Et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.
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C'est un âne qui dort
Enfants, regardez-le dormir
Ne le réveillez pas
Ne lui faites pas de blagues
Quand il ne dort pas, il est très souvent malheureux.
Il ne mange pas tous les jours.
On oublie de lui donner à boire.
Et puis on tape dessus.

Regardez-le
Il est plus beau que les statues qu'on vous dit
d'admirer et qui vous ennuient.
Il est vivant, il respire, confortablement installé
dans son rêve.

Les grandes personnes disent que la poule rêve de
grain et l'âne d'avoine.
Les grandes personnes disent ça pour dire quelque
chose, elles feraient mieux de s'occuper de leurs rêves à
elles de leurs petits cauchemards personnels.

Sur l'herbe à côté de sa tête, il y a deux plumes. S'il
les a vues avant de s'endormir il rêve peut-être qu'il est
oiseau et qu'il vole.
Ou peut-être il rêve d'autre chose.

Par exemple qu'il est à l'école des garçons, caché
dans l'armoire aux cartons à dessin.
Il y a un petit garçon qui ne sait pas faire son problème.

Alors le maître lui dit :
Vous êtes un âne, Nicolas !
C'est désastreux pour Nicolas.
Il va pleurer.

Mais l'âne sort de sa cachette
Le maître ne le voit pas.
Et l'âne fait le problème du petit garçon.

Le petit garçon va porter le problème au maître, et le maître dit :
C'est très bien, Nicolas !

Alors l'âne et Nicolas rient tout doucement aux
éclats, mais le maître ne les entend pas.

Et si l'âne ne rêve pas ça
c'est qu'il rêve autre chose.

Tout ce qu'on peut savoir, c'est qu'il rêve.
Tout le monde rêve.
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Louis
I

Louis
II

Louis
ILE

Louis
IV

Louis
V

Louis
VI

Louis
VII

Louis
VIII

Louis
IX

Louis
X (dit le
Hutin)

Louis
XI

Louis
XII

Louis
XIII

Louis
XIV

Louis
XV

Louis
XVI

Louis
XVII

et plus personne plus rien...

qu'est-ce que c'est que ces gens-là

qui ne sont pas foutus

de compter jusqu'à vingt?
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Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize…
Répétez! dit le maître
Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize.
Mais voilà l’oiseau-lyre
qui passe dans le ciel
l’enfant le voit
l’enfant l’entend
l’enfant l’appelle:
Sauve-moi
joue avec moi
oiseau!
Alors l’oiseau descend
et joue avec l’enfant
Deux et deux quatre…
Répétez! dit le maître
et l’enfant joue
l’oiseau joue avec lui…
Quatre et quatre huit
huit et huit font seize
et seize et seize qu’est-ce qu’ils font?
Ils ne font rien seize et seize
et surtout pas trente-deux
de toute façon
et ils s’en vont.
Et l’enfant a caché l’oiseau
dans son pupitre
et tous les enfants
entendent sa chanson
et tous les enfants
entendent la musique
et huit et huit à leur tour s’en vont
et quatre et quatre et deux et deux
à leur tour fichent le camp
et un et un ne font ni une ni deux
un à un s’en vont également.
Et l’oiseau-lyre joue
et l’enfant chante
et le professeur crie:
Quand vous aurez fini de faire le pitre!
Mais tous les autres enfants
écoutent la musique
et les murs de la classe
s’écroulent tranquillement.
Et les vitres redeviennent sable
l’encre redevient eau
les pupitres redeviennent arbres
la craie redevient falaise
le porte-plume redevient oiseau.
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Dans une boîte de paille tressée
Le père choisit une petite boule de papier
Et il la jette
Dans la cuvette
Devant ses enfants intrigués
Surgit alors
Multicolore
La grande fleur japonaise
Le nénuphar instantané
Et les enfants se taisent
Émerveillés
Jamais plus tard dans leur souvenir
Cette fleur ne pourra se faner
Cette fleur subite
Faite pour eux
A la minute
Devant eux.
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Un jour, il y avait un jeune dromadaire qui n'était pas content du tout.La veille, il avait dit a ses amis: "Demain, je sors avec mon père et ma mère, nous allons entendre une conférence, voilà comme je suis moi!"
Et les autres avaient dit: "Oh, oh, il va entendre une conférence, c’est merveilleux", et lui n'avait pas dormi de la nuit tellement il était impatient, et voilà qu'il n'était pas content parce que la conférence n'était pas du tout ce qu'il avait imaginé : il n'y avait pas de musique et il était déçu, il s'ennuyait beaucoup, il avait envie de pleurer.
Depuis une heure trois quarts un gros monsieur parlait. Devant le gros monsieur il y avait un pot à eau et un verre à dents sans la brosse et, de temps en temps, le. monsieur versait de l'eau dans le verre, mais il ne se lavait jamais les dents et visiblement irrité il parlait d'autre chose, c ‘est-à-dire des dromadaires et des chameaux.
Le jeune dromadaire souffrait de la chaleur, et puis sa bosse le gênait beaucoup; elle frottait contre le dossier du fauteuil, il était très mal assis il remuait.
Alors sa mère lui disait: "Tiens-toi tranquille, laisse parler le monsieur", et elle lui pinçait la bosse; le jeune dromadaire avait de plus en plus envie de pleurer, de s'en aller ...
Toutes les cinq minutes, le conférencier répétait: "Il ne faut surtout pas confondre les dromadaires avec les chameaux, j'attire, mesdames, messieurs et chers dromadaires votre attention sur ce fait: le chameau a deux bosses mais le dromadaire n'en a qu'une!" Tous les gens, de la salle disaient: "Oh, oh, très intéressant", et les chameaux, les dromadaires, les hommes les femmes et les enfants prenaient des notes sur leur petit calepin.
Et puis le conférencier recommençait: "Ce qui différencie les deux animaux c'est que le dromadaire n a qu'une bosse, tandis que, chose étrange et utile à savoir, le chameau en a deux ... "
A la fin le jeune dromadaire en eut assez et, se précipitant sur l'estrade, il mordit le conférencier :
"Chameau! " dit le conférencier furieux.
Et tout le monde dans la salle criait: "Chameau, sale chameau, sale chameau!"
Pourtant c’était un dromadaire, et il était très propre.
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J'ai mis mon képi dans la cage
Et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête
Alors
On ne salue plus ?
A demandé le commandant
Non ,
On ne salue plus
A répondu l'oiseau
Ah bon !
Excusez-moi , je croyais qu'on saluait
A dit le commandant
Vous êtes tout excusé , tout le monde peut se tromper
A dit l'oiseau
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Pluie de plumes plumes de pluie
Celle qui vous aimait n'est plus
Que me voulez-vous oiseaux
Plumes de pluie pluie de plumes
Depuis que tu n'es plus je ne sais plus
Je ne sais plus où j'en suis
Pluie de plumes plumes de pluie
Je ne sais plus que faire
Suaire de pluie pluie de suie
Est-ce possible que jamais plus
Plumes de suie... Allez ouste dehors hirondelles
Quittez vos nids... Hein ? Quoi ? Ce n'est pas la saison des voyages ?...
Je m'en moque sortez de cette chambre hirondelles du matin
Hirondelles du soir partez... Où ? Hein ? Alors restez
c'est moi qui m'en irai...
Plumes de suie suie de plumes je m'en irai nulle part
et puis un peu partout
Restez ici oiseaux du désespoir
Restez ici... Faites comme chez vous.
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Tant de forêts 
arrachées à la terre
et massacrées
achevées
rotativées
Tant de forêts sacrifiées
pour la pâte à papier
des milliards de journaux
attirant annuellement
l’attention des lecteurs
sur les dangers du déboisement
des bois et des forêts
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Des oiseaux par milliers volent vers les feux

Par milliers ils tombent

Par milliers ils se cognent

Par milliers aveuglés

Par milliers assommés

Par milliers ils meurent

Le gardien ne peut supporter des choses pareilles

Les oiseaux il les aime trop

Alors il dit

Tant pis je m'en fous !

Et il éteint tout.

Au loin un cargo fait naufrage

Un cargo venant des îles

Un cargo chargé d'oiseaux

Des milliers d'oiseaux des îles

Des milliers d'oiseaux noyés.
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A
Fontainebleau

Devant l'hôtel de l'Aigle
Noir

Il y a un taureau sculpté par
Rosa
Bonheur

Un peu plus loin tout autour

Il y a la forêt

Et un peu plus loin encore

Joli corps

Il y a encore la forêt

Et le malheur

Et tout à côté le bonheur

Le bonheur avec les yeux cernés

Le bonheur avec des aiguilles de pin dans le dos

Le bonheur qui ne pense à rien

Le bonheur comme le taureau

Sculpté par
Rosa
Bonheur

Et puis le malheur

Le malheur avec une montre en or

Avec un train à prendre

Le malheur qui pense à tout...

Atout

A tout... à tout... à tout...

Et à
Tout

Et qui gagne « presque » à tous les coups

Presque.
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Je suis comme je suis



Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j'ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J'aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n'est pas le même
Que j'aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi

Je suis faite pour plaire
Et n'y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu'est-ce que ça peut vous faire

Ce qui m'est arrivé
Oui j'ai aimé quelqu'un
Oui quelqu'un m'a aimé
Comme les enfants qui s'aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer ...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n'y puis rien changer.

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Vidéos
http://education.francetv.fr/

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