12/11/2012

Les coutumes et traditions de Noël en France

 
Le temps de l'Avent et les festivités de Noël sont marqués par de nombreuses coutumes et traditions. Certaines se perdent dans les temps immémoriaux, bien avant la christianisation, tandis que d'autres bien plus récentes sont aujourd'hui incontournables ..

Les calendriers de l'Avent


Savez-vous d’où vient ce calendrier et ce qu’il contenait à l’origine ?

L’Avent est la période qui précède Noël. Elle débute le 4e dimanche précédant la célébration de la naissance du Christ dans la religion chrétienne.

Le calendrier de l’Avent, comme de nombreuses traditions de Noël, nous vient d’Allemagne où cette coutume s’est forgée au XIXe siècle.

Chaque matin de cette période de l’Avent, les parents donnaient à leurs enfants (sages), une image comportant un extrait de l’Ancien Testament qu’ils devaient apprendre par cœur.

C’est dans la deuxième moitié du XIXe siècle, toujours en Allemagne qu’est créé le calendrier tel que nous le connaissons, avec une case à ouvrir par jour, dévoilant une image toujours religieuse. La plus somptueuse étant bien sûr celle du 24 décembre.

Ils sont fabriqués artisanalement par chaque famille jusqu’en 1908. À cette date, un éditeur munichois a l’idée d’imprimer et commercialiser ces calendriers. Parfois, de petites figurines ou de petits cadeaux remplacent les images pieuses.

Mais c’est après la Seconde Guerre mondiale que la tradition du calendrier de l’Avent arrive en France et se diffuse dans le monde entier.

En 1958, pour la première fois, des petits chocolats sont placés dans les cases, c’est une révolution qui démocratise encore davantage cette tradition.
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Petit à petit, tout comme les fêtes de Noël, le calendrier de l'Avent se sécularise largement et entre dans presque tous les foyers.

La crèche


La légende raconte que saint François d’Assise est le premier à avoir organisé une crèche vivante au XIIIe siècle. Cette manifestation s’est ensuite répandue dans toute la chrétienté. Mais suite à la révolution française, ces crèches vivantes ou mécaniques sont interdites dans les églises.

Pour conserver cette tradition au cœur des foyers les « santoun » signifiant « petits saints » sont inventés à Marseille. Les premiers santons ont été fabriqués en mie de pain ! Puis ils ont été façonnés dans la célèbre argile rouge de Provence. Chacun des corps de métiers et personnages traditionnels de la région sont représentés dans la crèche.

En Franche-Comté, des personnages locaux sont également présents dans la crèche qui prend la forme d’un théâtre populaire dès la fin du XVIIIe siècle.

La tradition des crèches vivantes est restée particulièrement ancrée en Languedoc-Roussillon avec le Pessebre vivant. Spectacle typique catalan rejouant la Nativité. Encore une fois des représentations populaires sont ajoutées aux personnages traditionnels de la crèche.

Regardez cette vidéo sur : Les santons de Provence

La Saint-Nicolas 


Le 6 décembre est un grand jour de fête dans le Nord et l’Est de la France. À cette date, en effet, est célébrée la Saint-Nicolas.

Traditionnellement dans ces régions, c’est ce personnage, et non le Père Noël, qui apporte les cadeaux aux enfants sages, tandis que le Père fouettard, qui l’accompagne, s’occupe des garnements.

Mais savez-vous qui était saint Nicolas et comment ces traditions sont arrivées dans ces contrées ?

Saint Nicolas a vécu en Asie Mineure aux IIIe et IVe siècles où il est évêque de Myre.

Il est au cœur d’une légende qui fait de lui le Saint Patron des enfants. La voici :

Trois jeunes enfants égarés après être allés glaner dans les champs trouvent refuge chez un boucher. Celui-ci les accueille et les nourrit avec bienveillance avant de leur offrir un lit. Il profite alors de leur profond sommeil pour les égorger, les découper en morceaux et les jeter dans son saloir.

Sept  années plus tard, saint Nicolas, passant dans la région, entend cette terrible histoire. Il se rend chez le boucher, qui flatté d’une telle visite, l’accueil avec amabilité. Saint Nicolas réclame du petit salé qui est au saloir depuis 7 ans. Le boucher comprend alors et tente de s’enfuir, mais saint Nicolas l’arrête et ressuscite les 3 enfants.

Le culte de saint Nicolas arrive en Europe de l’ouest dès le Xe siècle.

En Lorraine, c’est grâce au chevalier Aubert de Varangéville que le culte s’implante. Ce dernier rapporte de Bari (en Italie), une phalange du saint, qu’il offre à son village natal, situé au sud de Nancy. Ce village prend le nom de Saint-Nicolas-de-Port, où une grande basilique dédiée au saint est édifiée dès 1093.

C’est ainsi que saint Nicolas devient le patron de la Lorraine. Son culte se développe ensuite dans les régions voisines.

Aujourd’hui c’est toujours depuis la basilique de Saint-Nicolas-de-Port que s’élance la procession aux flambeaux qui marque le début des festivités de la Saint-Nicolas, le week-end précédant la fête.

Dans la nuit du 5 au 6 décembre, les enfants déposent devant leur porte une boisson pour le saint et une carotte pour son âne.

Avec son habit rouge et sa belle barbe blanche, saint Nicolas est devenu le modèle du Père Noël qui a pris peu à peu sa place dans l'imaginaire collectif.

Le sapin de Noël


Les sapins de noël sont le symbole des fêtes de fin d’année célébrées par tous. Cette tradition remonte à la période païenne, en cette période de " Renaissance du soleil ", cet arbre qui "garde sa parure " incarne le renouveau de la vie. Il était décoré de fleurs, de fruits secs et de blé lors des célébrations du Solstice d’Hiver.

Avec la christianisation de la société, cette coutume est conservée et adaptée. Le sapin, avec sa forme conique rappelle la Sainte Trinité. 

La mention la plus ancienne de l’entrée des sapins dans les foyers familiaux est conservée en Alsace à Sélestat et remonte à la Renaissance (1521).

Les sapins étaient alors ornés d’hosties, de petits gâteaux, de confiseries et de pommes rouges. Pour éviter que ces décorations soient dévorées par la vermine, les sapins sont accrochés aux plafonds.

Lors de l’hiver 1858, dans les Vosges du Nord, une sécheresse terrible avait privé les arbres de fruits et donc les sapins de décorations. Mais un souffleur de verre de Goetzenbruck, village près de Meisenthal en Moselle, décide de créer des boules en verre pour remplacer les fruits manquants. Cette tradition s’est ensuite répandue dans toute la France et dans le monde entier.


La bûche de Noël


Glacée ou à la crème pâtissière la bûche de Noël est désormais le dessert qui couronne nos repas de fête.

Pendant des siècles c’est une autre bûche qui était au cœur des festivités de Noël : une grande bûche de chêne ou d’arbre fruitier, la plus grosse que le père de famille ait pu trouver.

Allumée dans la cheminée familiale, et aspergée d’eau bénite, elle devait se consumer le plus longtemps possible, jusqu’au nouvel an dans le meilleur des cas. Sa longévité devait augurer de l’abondance et la qualité des récoltes.

Les mères de familles accrochaient à ses extrémités des fruits et petits présents pour les enfants.

Une fois consumée, les cendres étaient, selon les régions, conservées ou dispersées autour de la propriété afin de la préserver de la foudre. Ces cendres étaient aussi réputées pour avoir des vertus médicinales ou protéger contre les morsures de serpents.


Le Père Noël 



Depuis l’Antiquité Romaine il était coutumier d’échanger des étrennes à l’occasion du nouvel an. La tradition d’offrir des petits cadeaux, souvent alimentaires, au moment de Noël remonte au Moyen Âge. Mais c’est au XIXe siècle, avec le développement de la bourgeoisie, que cette pratique prend son essor pour atteindre l’ampleur qu’elle a aujourd’hui.

Le " Père Noël " ou " Monseigneur Noël " est mentionné dans des textes dès le Moyen Âge, mais certaines régions se singularisent, et voient les cadeaux apportés par des personnages différents.


Le Père Noël tel que nous le connaissons aujourd'hui est un syncrétisme de tous ces personnages. Il est inventé en 1860 par un illustrateur new-yorkais.

Dans les années 1930, la consommation de soda est faible en hiver, la marque Coca-Cola s'arroge alors le soutien du Père Noël, déjà paré de ses couleurs, pour associer sa boisson à la période de Noël.

C'est ainsi que cette image et cette légende d'un Père Noël bien en chair, aux couleurs rouges et blanche, sont diffusées dans le monde entier.

Regardez la vidéo : La véritable histoire du père Noël

La table et ses gourmandises


Les fêtes de Noël sont souvent l’occasion de se retrouver en famille autour d’un bon repas. Si aujourd’hui, nos tables de fête sont souvent chargées de foies gras, huîtres, saumons, volailles et autres accompagnements de choix, mais ces plats ont longtemps été bien différents.

Certaines régions ont conservé leurs traditions particulières tandis que d’autres se sont peu à peu perdues.

Voilà un petit tour d’horizon, non exhaustifs, des traditions gastronomiques de Noël !

Noël en Provence

C’est en Provence que l’on trouve les traditions liées au repas de Noël, les plus ancrées. Du dressage de la table aux desserts, en passant par les plats, tout est codifié !

Tout d’abord, la table familiale est couverte de trois nappes blanches. En son centre sont posés trois chandeliers illuminés et trois soucoupes de blé germé, planté le 4 décembre, lors de la Sainte Barbe, pour prédire la réussite des moissons suivantes.

Cette répétition du chiffre trois et un rappel de la Trinité (Dieu le Père, le Fils et l’Esprit-Saint).

Le Gros Souper est pris le soir du réveillon de Noël, avant la messe de minuit. Contrairement à ce que son nom pourrait indiquer, il se compose de sept plats dits « maigres », c'est-à-dire sans viande ni nourriture fastueuse. Les plats peuvent différer selon la région de Provence. Ce sont généralement des légumes (céleris, cardes, choux-fleurs, épinards…), du poisson ou des coquillages, des soupes ou encore une omelette.

Le nombre de plats, 7, rappelle les sept douleurs de la Vierge.

Après la messe de minuit, sont servis les traditionnels 13 desserts, (calenos en Provençal) dont le chiffre rappelle les membres présents lors de la Cène (dernier repas de Jésus entouré de ses 12 apôtres).



Ils restent sur la table jusqu’au 27 décembre.

Les fruits frais : pommes, oranges, poires et raisins.

Les quatre fruits secs qui rappellent chacun un ordre de moines mendiants : figues sèches (Franciscains), amandes (Carmélite), raisins secs (Dominicains) et noix (Augustins),

Les dattes : symbole du Christ venu de l'Orient,

Les nougats noirs et blancs : Certains y voient une représentation des confréries de pénitents blancs et noirs. D’autres voient dans le nougat blanc, doux et onctueux et le nougat noir plus dur et cassant une opposition de la pureté et du bien face à l'impur aux forces du mal.

La fougasse à l'huile d'olive (la pompe) : galette ronde aplatie à l'huile d'olive,

La pâte de coings ou fruits confits dans la région d'Apt ou de Carpentras,

Les oreillettes : de petites gaufres légères et fines

Le boudin de Noël



Avant la volaille qui est désormais reine des assiettes festives, dans de nombreuses régions françaises, le plat traditionnel était le boudin.

Pour les plus pauvres, il s’agit d’abord d’une bouillie de mie de pain, lait, graisse de porc et fécule avec quelques morceaux de viande de porc ou de volaille.

C’est au XVIIe siècle qu’un cuisinier, qui n’a pas laissé son nom dans l’histoire, a l’idée de sophistiquer la recette en enserrant cette préparation dans un boyau de porc, ce qui lui donne meilleure allure. C’est ainsi que naît le boudin blanc.
Cette tradition se répand alors jusque dans les familles les plus aisées qui ajoutent à l’envi des ingrédients plus fastueux : morilles, truffes ou foie gras

Regardez la recette : Boudin blanc foie gras et rasin

Le spécialités sucrées

Dans les régions du Nord et de l’Est de la France ce sont des spécialités sucrées qui sont particulièrement mises en avant lors de ces fêtes.

Dans le Nord et en Champagne, un pain brioché parfois agrémenté de raisins secs, pépites de chocolat ou grains de sucre, était offert aux enfants en plus de l’orange. Sa forme rappelle celle de l’enfant Jésus emmailloté. Cette friandise porte un nom différent selon les régions : coquille, cougnou, cuniole ou encore quénieu en Champagne.

Regardez comment faire La recette du Cougnu



En Alsace, ce sont les fameux Bredeles qui sont à la fête dès les premiers jours de l’Avent.
Ces biscuits secs sont confectionnés en famille lors des longues soirées d’hiver. Au citron, à la vanille, à la cannelle, aux noix ou encore au chocolat, il y en a pour tous les goûts et de toutes les formes !

Regardez la vidéo : Les bredeles


Source

https://www.jaimemonpatrimoine.fr/

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